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Extraient sur le couple polaire de l’ouvrage de Boris Mouravieff , Gnôsis tome I
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1) Les relations humaines souffrent aujourd'hui d'une véritable torsion du rôle primordial que la femme est destinée à jouer auprès de l'homme : au lieu d'être dans ces relations la force active, l'élément inspirateur fécondant, et de compléter ainsi l'homme, la femme tend à suivre un chemin parallèle: cela ne lui permet plus d'exercer sa vocation créatrice.
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2) Le Moi de la Personnalité, incomplet, inachevé, impuissant, erre dans la vie sans foi ni affection vraie, va d'erreur en erreur, de faiblesse en faiblesse, de mensonge en mensonge. Prisonnier — peut-être volontaire, mais cependant prisonnier —, l'homme ne fait pas dans la vie ce qu'il veut, mais ce qu'il hait, obéissant aveuglément à la mécanique diabolique qui, sous ses trois aspects : peur, faim et sexualité, régit sa vie. Cette existence purement factice n'a de réel que la possibilité d'évolution qui y demeure cachée et qui fait l'objet des études et des travaux ésotériques. En dehors de cette semence, tout se base dans la vie extérieure sur le mensonge. Or, rien de mensonger ne pourra résister à l'atmosphère vivifiante des nouveaux cieux et de la nouvelle terre annoncés pour l'ère qui vient. Avant tout disparaîtra le mensonge qui préside aux relations entre l'homme et la femme, et dont la forme la moins condamnable est l'Illusion.
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Si la solitude des êtres polaires, désunis par la chute, conséquence directe de leur identification avec le Moi de la Personnalité, est la source de la faiblesse des humains devenus mortels, le retour de l'Unité apparaît comme une source inépuisable d'énergies nouvelles. Energies nécessaires à l'homme et qu'il doit rechercher pour tenter de rétablir l'équilibre dangereusement rompu de la vie publique et privée d'aujourd'hui.
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Ce retour à l'unité parfaite des êtres polaires ne se fait cependant pas gratuitement. Il est l'apanage de ceux qui ont franchi ou sont prêt à franchir le deuxième Seuil de la Voie. C'est dans la réalisation d'une unité totale indissoluble de leur Moi réel par deux Individualités polaires parvenues à la deuxième Naissance que peut et doit être racheté le péché originel. C'est la solution du problème de la vie privée et, en même temps, de celui de la vie publique.
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3) La Personnalité humaine, on le sait, est un organisme à multiples parcelles ou facette : 987 exactement. Dans le cas idéal, réalisé seulement chez les êtres polaires, et le seul efficace du point de vue ésotérique, les 987 facettes de l'homme et de la femme sont strictement polaires : ce sont les époux et l'épouse prédestinés par leur union à créer un couple véritable. Cependant, la distribution comprend d'autres personnages qui entrent dans le film pour y jouer des rôles organiquement liés à celui du héros, et conduire à son terme l'ensemble du film. Ce sont des âmes-amies, des âmes-frères, des âmes-soeurs, des âmes-collaborateurs, des âmes-serviteurs, etc. Les Personnalités de chacune d'entre elles ont un certain nombre de facettes identiques à celles du héros pour les acteurs de même sexe, et polaires pour les acteurs de sexe opposé. Dans le cas des frères et des soeurs, le nombre des facettes identiques ou polaires peut aller jusqu'à la moitié et même au-delà. Le manque de discernement, de sincérité envers nous-mêmes, le désir inné de trouver une résonance parfaite aux vibrations de notre âme, et l'impatience qui s'ensuit, doublés par l'action de la Loi Générale, nous induisent trop souvent à contracter des unions qui ne peuvent aboutir qu'à des situations absurdes.
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4) La difficulté que nous éprouvons à découvrir notre être polaire tient au fait que nous sommes déformés et que nous déformons constamment notre film par nos mouvements libres : ce sont donc là les deux premiers points à corriger : il nous faut rectifier notre propre déformation et renoncer à nos mouvements impulsifs. Ainsi s'explique la prescription de ne pas agir sous l'influence d'un seul centre : c'est la nécessité de compenser nos déformations qui, logiquement, nous impose, tant à la réception qu'à l'émission, de faire travailler à la fois, par des efforts conscients, notre centre émotif et notre centre intellectuel devant tous les problèmes qui se posent à nous.
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Voici quelques critères indispensables pour qu'une reconnaissance mutuelle puisse être considérée comme ayant une valeur objective. Dès la première rencontre, en présence de l'être polaire, le Moi de la Personnalité et le Moi du corps vibrent d'une manière qui ne ressemble à rien d'éprouvé précédemment. La raison en est que ces Moi se trouvent alors en présence de leur premier amour qui continue à travers les siècles. Sans en avoir clairement conscience, les êtres polaires se connaissent; et cette connaissance aussi ancienne qu'eux-mêmes s'exprime par la voix de leur subconscience. Cela crée, dès l'instant de la rencontre, une atmosphère de confiance et de sincérité absolues.
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Il y a là une pierre qui touche : les êtres polaires ne se mentent pas. Il n'ont pas besoin de mentir, car, intérieurement, tous deux ne sont qu'un seul être, du tréfonds duquel le Moi réel lance son appel et donne son assentiment. Cette sincérité absolue, spontanée, constituera désormais la base de leurs relations. Et cela donnera à ces deux êtres le sentiment, autrement inconcevable, d'une liberté dans l'unité, qui met fin à l'impression de servitude et d'isolement dans laquelle nous vivons ordinairement.
De vagues réminiscences des expériences précédentes commencent bientôt à effleurer la surface de leur conscience de veille.
Le lecteur comprendra maintenant le sens profond de l'interdiction de se mentir à soi-même : qui se ment, mentira de même à son alter ego. Ce sera la fin du miracle. Le côté merveilleux de la rencontre disparaîtra derrière un rideau trivial de mensonges, qui prendra vite l'aspect d'un mur infranchissable. En deçà de ce mur, les relations avec l'être polaire ne se distingueront plus en rien de celles qu'un homme peut avoir avec d'autres femmes : épouses, maîtresses et aventures. Une fois de plus, l'expérience aura été manquée.
Voici comment et pourquoi l'homme extérieur passe devant son être polaire sans le reconnaître. Voilà pourquoi le travail pratique, sur la Voie ésotérique, commence et se poursuit obligatoirement par la lutte contre le mensonge envers soi-même. Le succès dans ce domaine est indispensable. Aucun prix à payer n'est trop élevé pour y parvenir.
S'ils sont ouverts au vrai, si leur rencontre fait vibrer en eux, en harmonie, des cordes jusqu'alors silencieuses, la voie est alors tracée aux êtres polaires pour recréer, par leurs efforts conscients, le Microcosmos jadis dissocié et brisé. L'Escalier se trouvera franchi comme d'un trait et, soudain, ils se verront placés devant le deuxième Seuil.
Boris Mouravieff
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